Une page de l’histoire de l’éducation au Québec

Une page de l’histoire de l’éducation au Québec

Tout au cours du Régime français, l’enseignement s’est développé autour de quatre grandes structures : les petites écoles (élémentaire), les écoles secondaires, les maisons d’éducation spécialisées et les écoles supérieures. 

 

Malheureusement, ce n’est pas avant l’automne 1635 qu’est créée à Québec, par les Jésuites (Compagnie de Jésus), la première école élémentaire et, par le fait même, l’ancêtre des institutions d’enseignement nord-américaines. En effet, le collège Harvard n’est créé aux États-Unis qu’un an plus tard.

L’objectif premier de l’établissement était de pourvoir à l’instruction des enfants d’habitants qui se faisaient de plus en plus nombreux en Nouvelle-France. Par ailleurs, elle constituait une force d’attraction pour amener et établir dans la colonie de nouvelles familles.

Une vingtaine de garçons assistent aux premières leçons dispensées dans cette école réclamée tant par les religieux que par les parents soucieux de voir leurs enfants recevoir une instruction similaire à celle qui était alors dispensée dans la métropole. De telles initiatives furent reprises à Montréal où les Sulpiciens et les frères Charon fondèrent, en 1666 puis en 1694, des institutions de niveau primaire.

Dans les décennies qui ont suivi, pas moins d’une trentaine de petites écoles sont ouvertes, sous la bienveillance de communautés religieuses qui venaient en Nouvelle-France prêcher la bonne nouvelle. Il y a également des laïques, comme le notaire Severin Ameau (1620-1715), qui participent à cette aventure en terre d’Amérique par l’établissement, en 1652, du premier cours destiné aux garçons de Trois-Rivières.

Parallèlement à l’œuvre des Jésuites, les religieuses Ursulines mettent sur pied, à Québec en 1639, un établissement d’enseignement destiné aux jeunes filles. Cette initiative est suivie par la sœur Marguerite Bourgeois (1620-1700), fondatrice de la Congrégation Notre-Dame, qui a établi des écoles semblables à Montréal dès 1657 (en raison du peu d’enfants qui y résidaient, on y a admis des garçons jusqu’à la fondation en 1666 d’une école pour ceux-ci) et à Trois-Rivières vers 1664.

L’éducation des jeunes filles se limitait généralement à ces petites écoles, celles-ci n’ayant pas accès aux maisons d’enseignement supérieures dédiées aux garçons. Toutefois, elles ont pu poursuivre dans certaines écoles ménagères localisées dans les municipalités de Montréal, Québec, ainsi qu’à l’île d’Orléans, des études qui les initiaient aux travaux de la maison.

Signalons que tout au long du Régime français, la Vieille Capitale était pourvue, avant Montréal, d’établissements scolaires. Ainsi, elle occupa pendant plusieurs décennies le rôle de centre intellectuel de la colonie, en raison de son poids démographique plus important et de la fonction qui lui fut attribuée en tant que capitale politique, économique et religieuse de la Nouvelle-France.